Etat suicidaire et résilience

Age 64 ans vient me voir, il vit seul, il souffre énormément dans son corps et dans sa tête.

Il pense 3 à 4 fois par jour à se suicider.

Une vie difficile :

il est le 2nd fils, après un frère aîné, décédé à 13 jours.

Comme il était un petit garçon très turbulent ses parents l'ont placé dans une école spécialisée et ont pris un enfant de la DDASS. Il a vécu cela comme une triple trahison :

Remplacement du frère décédé. Il est né pour remplacer et non pour lui-même.

Ne correspondant pas au profil de l'enfant sage, il est rejeté, mis à l'extérieur et remplacé par un autre petit garçon de la DDASS, qui reste à la maison familiale, lui non.

Adolescent, il y aura une grande rivalité avec son père et des coups seront souvent échangés.

Il a été très sportif toute sa vie, demandant toujours plus d'exploits et d'efforts à son corps, entraînant 4 hernies discales, et des accidents très graves, parachute en torche, chute en vélo dans canal avec sauvetage noyade in extremis, coma, gangrène, multiples traumatismes crâniens...

Il se retrouve invalide à 90% pendant toute une période.

Sa demande :

Aujourd'hui, il vient me voir, car il a très mal aux lombaires, aux cervicales, aux épaules et genoux. Il pense sérieusement à se suicider mais comme il a 2 enfants, « il hésite ». Il se sent diminué. Dès qu'il demande un effort physique à son corps, celui-ci crie. Il ne peut plus faire de vélo.

L'accompagnement proposé :

Une dizaine de séances de sophrologie vont se succéder tous les 15 jours, puis mensuellement.

A la fin des séances, il est très détendu et dit « je me sens un peu drogué ».

Très vite les douleurs qui étaient à 9/10 voir intolérables vont disparaître ou diminuer à 3/10. Par contre les douleurs cervicales peuvent remonter à 7/10 (notamment lorsqu'il va dans le sud s'occuper de sa mère) et vont s'estomper à nouveau avec la séance, en ayant une sensation de chaleur diffuse au cou et aux omoplates.

Beaucoup de relaxation allongé avec induction au lâcher prise, mise en place de bienveillance et de respect pour lui-même, renaissance douce et acceptation de vivre.

Un travail de compréhension sur la violence psychique réelle qu'il a vécu par le comportement de ses parents et « d'échanges de fils ». Compréhension des mécanismes de souffrances, qu'il s'est alors infligé pour se punir d'exister (accidents multiples, toujours plus de performances sportives et douleurs).

Résultat engendré :

Depuis il retourne à la piscine, il va mieux, les douleurs ont pratiquement disparues, et surtout il ne pense plus à se suicider.

La sophrologie a été une réelle résilience pour lui.

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